L’archipel des îles Mentawai est situé à l’Ouest des côtes de Sumatra en Indonésie et est constitué d’environ 70 îles et îlots. les quatre îles principales sont Nord et Sud Pagai, Sipora et Siberut; avec Siberut, d’une surface de 4480 kilomètres carrés et une population d’environ 29918 en 2000, étant la plus grande des quatre.

On estime que les ancêtres des indigènes Mentawai on été les premiers à migrer dans la région quelque part entre 2000 – 500 avant JC (Reeves, 2000), tandis que, selon les documents de John Crisp arrivé dans l’archipel en 1792, les premiers colons seraient arrivés aux alentours de 1750. Ils étaient Anglais et ont tentés des exploitations de poivres, sans succès. De longue années avant cet échec, le commerce entre les communautés indigènes et d’autres peuplades d’Asie du sud-est existait déjà.

Ayant établis leur présence 40 années précédent ces évènements, les Hollandais revinrent en 1864 pour réclamer l’archipel des îles Mentawai sous la souveraineté des Indes Orientales (Mess, 1870); une position maintenue jusqu’à la seconde guerre mondiale. Durant cette période les Hollandais et les communautés indigènes maintinrent de bonnes relations. Informations récoltée auprès d’anciens Mentawai qui décrivent cette période comme « Le bon vieux temps » où ils commerçaient de manière équitable avec les Hollandais et étaient libres de pratiquer leur culture, Arat Sabulungan (1).

(1) Arat Sabulungan est la culture qui rythme l’existence des indigènes Mentawai. Un système de croyance qui consiste à vénérer les esprits des ancètres, le ciel, la terre, l’océan, les rivières, et tout ce qui appartient au cycle naturel de la vie. Mené par le shaman (Kerei ou Sikerei), les rituels sont des pratiques courantes.

Mis à part des campagnes militaires dans le but de mettre fin aux conflits tribaux, des écrits montrent que les Hollandais ne ce sont pas immiscés dans la vie de tous les jours des populations locales. Des journaux écris pendant cette période parlent de « natifs ornée de fleurs » et de temps passé avec « d’aimables sauvages » (Maass, 1902) sur « l’île du bonheur » (Karny, 1925)..

En 1901, August Lett, le premier missionaire des îles Mentawai, est arrivé sur la côte sud de Pagai nord, établissant un contact avec les indigènes opposé à celui des Hollandais et autres voyageurs du début du XXème siècle. Lett, et d’autres missionnaires envoyés dans l’archipel, désapprouvaient et dénonçaient les croyances, rituels et cultures des indigènes, les décrivant comme « paresseux, sous-développés et stupides » (Hammons, 2010). En 1915, après quelques difficultés, incluant la mort d’August Lett (Persoon, 1987), les missionnaires avaient leur premier converti. Ils ont ensuite étendus leurs efforts aux îles de Sipora et Siberut et en 1932, sont partis établir la mission de Maeleppet (Siberut), (Sihombing, 1979).

Après les nombreux changement subis par les habitants de Siberut, pendant cette période et durant les décennies suivantes, notamment l’établissement d’une colonie pénitentiaire à Muara, Siberut et l’arrivée d’une autorité Japonaise violente pendant la Seconde guerre mondiale, le plus significatif arriva en 1950 (Après la déclaration d’indépendance de l’Indonésie en 1945) quand l’archipel des Mentawai a été intégré à l’état d’Indonésie (Bakker, 1999).

Pas plus tard qu’en 1954, le gouvernement Indonésien commença à lancer des programmes pour « intégrer les groupes tribaux dans les courants sociaux et culturels dominants du pays »(Persoon, 2004). Ce qui voulait dire pour les natifs de l’archipel, l’éradication de la pratique d’Arat Sabulungan, être forcé de se soumettre, la destruction de toute possession liée à leur culture et rituels; et les Sikerei (Shamans) détrôné, battus et forcés à l’esclavage et l’emprisonnement.

Sous Pancasila (2) , les cinq principes pour la philosophie de l’état Indonésien formulés par le leader nationaliste Indonésien, Sukarno, le gouvernement à également commencé à faire appliquer la nouvelle règle religieuse; c’est un décret qui déclare que tout Indonésien dois appartenir à l’une des cinq religions reconnues (3) .Qui, pour l’archipel des Mentawai, résultait dans un afflux immédiat de missionnaires et une augmentation de la violence et de la pression faites sur les îliens pour adopter le changement (4) .

(2) Formulé pour la première fois le, 1er Juin 1945, Sukarno argumentait que le future de l’état Indonésien devrait être basé sur ces 5 principes: Le nationalisme Indonésien, l’humanisme, la démocratie, la prospérité sociale et la croyance en un seul Dieu. Dans la constitution de la république d’Indonésie promulguée en 1945, les cinq principes étaient listés dans un ordre différent et exprimer avec d’autres mots: la croyance en un seul Dieu, une juste et civilisée humanité, l’unité Indonésienne, la démocratie sous la guidance de consultations représentatives et la justice sociale pour tout Indonésien. (Britannica, viewed 2012)

(3) Basé sur la notion Indonésienne de « croire en un seul Dieu », il y a maintenant 5 religions officiellement reconnues: l’Islam, le Protestantisme, le Catholicisme, l’Hindouisme et le Bouddhisme (Tropenbos International 2004: La position des indigènes dans la gestion des forêts tropicales).

(4) Finalement, beaucoup choisissent le Christianisme grâce à sa flexibilité vis à vis de la possession et consommation de cochons, qui joue un rôle important dans l’histoire et la culture des indigènes

A la base des programmes d’implantation, la stratégie était le développement de séries de relogement (PKMT (5)) villqges (1971); où les maisons étaient construites selon un design unique, dans des zones précises, le long de rivières ou du littoral et les personnes forcées d’abandonner leur Uma (6) et la terre ancestrale pour se relocaliser.

Après une période de 5 ans ces camps sont gérés par les autorités locales afin de maintenir le progrès et le contrôle. C’est également une période pendant laquelle les exploitations forestières commencent à apparaitre dans l’archipel.

(5) Une abréviation pour « Pembinaan Kesejahteraan Masyarakat Terasing » ou le développement du bien-être des communautés isolées.

(6) L’Uma est le centre culturel des cérémonies, rituels et sers de stockage pour les artefacts sacrés. C’est un type de « Longue maison » construite pour héberger un clan entier (En général jusqu’à 8 familles) au même moment. « Uma » est également un terme utilisé pour faire référence à un clan.

A la fin des années 80, après que les exploitations forestières aient dévasté les forêts de Sipora, Nord et Sud Pagai, et avant d’être contestées par une sélection d’organisations internationales (7), étaient sur le point d’accomplir la même chose sur Siberut. La pression du gouvernement sur la relocalisation des natifs c’était quelque peu relâchée (Principalement grâce au tourisme attiré par les communautés indigènes). A cet instant, les locaux se retrouvaient à nouveau libres de pratiquer leur activités culturelles.

Cependant, le nombre d’indigènes qui pratiquent les coutumes et rituels d’Arat Sabulungan est limité à une très petite partie de la population de l’archipel et est constituée de clans situés autour des régions de Sarereiket et Sakuddei dans le sud de Siberut.

(7) En 1980, WWF (World Wildlife Fund) a publié un rapport, « Sauvons Siberut », qui, avec le support d’autres organisations (Principalement UNESCO et Survival International) ont aidés à persuader le gouvernement Indonésien d’arrêter l’exploitation forestière et de déclarer les forêts de Siberut réserve de biosphère.